|
|
|
L'ART RUPESTRE DU SAHARA
UNE GRANDE AVENTURE DE LA NATURE, DES HOMMES ET DE LEURS CULTURES. Si le grand public du monde occidentalisé, en particulier les Européens, connaît, au moins de réputation, les incomparables peintures du sanctuaire paléolithique de Lascaux. En France, "Chapelle Sixtine de la Préhistoire", selon l'heureuse expression de l'Abbé Breuil, ce même public connaît certainement beaucoup moins les prodigieuses galeries d'Art du Sahara central et méridional. Et cela, même après la très large diffusion de certains livres de l'ethno préhistorien Henri Lhote qui, entre les années 1950 et 1970, avec ses équipes d'artistes a relevé un grand nombre de dessins rupestres, dans plusieurs régions du Sahara. Depuis longtemps, le Massif Central saharien de l'Ahaggar (Hoggar), et son cœur volcanique de l'Atakor, attirent les visiteurs Européens à cause de la mythologie poétique d'Antinéa. Reine de l'Atlantide, à cause de la fascination pour les "Hommes Bleus", seigneurs du désert, à cause aussi,sans doute, du message de fraternité entre les peuples que le Père Charles de Foucault a laissé.
Au coins des trente dernières années, d'un côté et
de l'autre de la Méditerranée, l'évolution des idées, des modes de via,
des communications et des échanges, ont sans doute modifié l'Imaginaire
collectif Européen vis-à-vis du Sahara, en même temps que celui de ses
habitants traditionnels, les 'touareg vis-à-vis des Occidentaux.
On le sait maintenant, c'est l'Afrique Orientale
qui a connu la naissance de l'Humanité : on y a découvert les hominidés
les plus primitifs et les plus vieilles industries de galets aménagés.
On sait aussi que le continent africain a subi une succession de phases
climatiques arides (sèches) et humides (pluviales) qui correspondent
grosso modo aux périodes glaciaires (très froides) et interglaciaires
(moins froides) reconnues
L’homme est présent dans le Sahara probablement
depuis un ou deux millions d'années, mais les traces de sa présence pour
les périodes les plus anciennes sont rares et très fragmentaires. Même
durant l'Atérien, entre 45 000 et 20 000 ans BP (= Before Présent =
avant l'actuel), période pendant laquelle des petits groupes
Tout changea à partir de 10 000 ans BP, avec la
"révolution néolithique". En moins de deux millénaires, Ies conditions
de vie de l'homme, au Sahara, comme ailleurs dans le monde, ont été
transformées bien plus radicalement que pendant les deux millions
d'années précédentes. Partout dans le Sahara, avec des décalages
chronologiques, une véritable mutation s'est produite : d'abord
tributaire de la nature, l'homme
Entre 10 000 et 4 500 ans BP environ, le climat de
Sahara est resté plus ou moins favorable à ces transformations profondes
des sociétés humaines du néolithique. Au moment dos brèves périodes
d'aridité, l'homme, devenu sédentaire s'est attaché à son terroir nu
lieu de le fuir : c'est ce qui explique que dans les massifs montagneux Ce n'est qu'à partir de 3 500 - 3 000 ans BP que l'aridification progressive du Sahara a abouti à la situation actuelle. Pour échapper à la famine, pour conserver leurs troupeaux, les groupes néolithiques ont alors lentement reflué vers les rives du désert, vers le Sahel. Dans l'Ahaggar et dans les somptueux paysages ruiniformes Tassiliens en couronne discontinue autour de ce massif, une grande quantité de peintures et de gravures rupestres témoignent de ce long passé de la nature saharienne et de la vie des hommes qui y ont évolué.
Les véhicules tout-terrains modernes. Leur fiabilité et leur autonomie, out permis, au cours de ces dernières années, la reconnaissance des vastes régions tassiliennes, au Nord, à l'Ouest et au Sud de l'Ahaggar. Grâce à l'ancestrale connaissance du terrain des Touareg de la région de Tamanrasset, et notamment grâce aux équipes de chauffeurs, pisteurs et guides des agences, la découverte de nombreux sites rupestres nouveaux, certains d'une telle richesse iconographique qu'ils semblent bien correspondre à. de véritables sanctuaires préhistoriques, ou au moins à des lieux de pèlerinages, a permis d'étendre considérablement la documentation sur les anciens milieux naturels et sur les anciennes sociétés de Sahara. Dans ces légions nouvellement explorées, comme dans l'ensemble du Sahara, l'art rupestre est un vivant résumé des ifférentes populations et cultures qui se sont succédées : |
|||
![]() |
![]() |
![]() |
|
|
•
LA PERIODE PREHISTORIQUE DE L'ART
débute peut-être à la fin du paléolithique supérieur (=
épipaléolithique, vers 10 000 ans BP), et certainement dès le début de
la "révolution néolithique", vers 9 000 - 8 000 ans BP. Les populations
sont alors africaines. Formées de groupes mélanodermes et négroïdes
autochtones. Très long temps elles ont bénéficié de conditions
climatiques favorables permettant d'aboi d’une économie de prédation
(chasse. pêche, cueillette), ensuile, outre 7 000 et 4 000 ans BP.
Environ, une économie surtout pastorale préagricole. Les négroïdes
"soudanais" venant du Sud et les "éthiopiens" des Auteurs Antiques,
originaires de l'Afrique de l'Est, ascendants des Peuls actuels se sont
probablement succédés et ont • LA PROTOHISTOIRE ET L’HISTOIRE ANTIQUE sont caractérisées par d'importants mouvement de populations, depuis 3 500 3 000 ans BP jusqu'à la conquête arabe, vers le 7 ème siècle après J-C.
-
les premiers immigrants paléoberbéres, d'origine méditerranéenne
(équidiens.) envahissent les massifs centraux sahariens (Ahaggar et sa
couronne de tassilis, Air, Adrar des Iforas, ...). Ces groupes
belliqueux d'éleveurs de chevaux, venus du Nord Est (Lybie) et du Nord
(Maghreb). Ont lentement, continûment, par vagues
-
Les Berbères du Nord descendent ensuite dans le Sahara, un
millénaire à peu près avant J.-C. : ils utilisent le Chameau
(dromadaire) dans un pays pratiquement semblable à l'actuel. Ce sont les
premiers nomades, ancêtres directs des louareg. Parce qu'il est surtout
localisé dans des zones actuellement considérées comme les plus arides
de notre planète, l'Art Rupestre Saharien témoigne plus qu'ailleurs des
transformations de l'environnement au cours du temps. En outre, toujours
par effet de contraste, cet art surabondant, varié, anecdotique ou bien
chargé de mythes et de symboles, nous laisse entrevoir, dans une rare
liberté d'expression, la vitalité, la richesse culturelle et les
préoccupations spirituelles des différentes sociétés qui l'ont Le plus souvent, l'Art saharien est beau ; admirables et grandioses sont toujours les paysages dans lesquels on le découvre C'est un privilège que de pouvoir faire le voyage pour l'admirer et pour s'interroger sur l'évolution de ses différentes formes. |
|||
|
[ HOME] – [ART RUPESTRE ] – [MORPHOLOGIE ET RELIEF] – [BIBLIOTHEQUE-SAHARIENNE] |
|||